La pêcherie des Pesquiers en 1792

"D’Hyères, le 26 décembre de l’an premier de la République française
Citoyens administrateurs,
Nous, pêcheurs nous nous sommes présentés à la municipalité pour lui demander une défense par écrit. Etre contre nous n’était pas difficile puisque les fermiers des pêcheries, d’accord avec la municipalité, ne veulent point nous laisser pêcher et gagner la vie, comme nous le faisions dans l’Ancien Régime. Mais les membres de la municipalité, ils nous ont répondu que si nous allions pêcher sans ses ordres, qu’on nous envoyerait cent hommes et deux cents s’il le fallait pour nous rendre dans la dernière misère. Ainsi donc, la loi qui abolit le droit de pêche sans indemnités est vaine et illusoire. Les droits pêcheux se perpétueront dans notre Cité. Les citoyens seront libres ailleurs et ici, nous serons dans l’esclavage. Ou bien il nous faudra faire une guerre civile et nous détruire car les menaces qu’ils nous ont faites et les actions attestent les mauvais desseins qu’ils ont vis-à-vis de nous.
Nous nous reposons sur votre sagesse et cela détermine notre tranquillité.
"
(transcription du texte original conservé aux Archives de la ville d’Hyères)

La réponse de l’administration suprême demande, en trois pages, de faire toute la clarté sur le statut public ou privé de l’étang des Pesquiers, ce qui conditionne le droit de pêche et termine ainsi :

Arrêté du Directoire du Département du Var 10 janvier 1793 déposé dans le greffe de la maison commune d’Hyères.
«  ... et en attendant, ordonne à la municipalité de veiller à ce qu’il ne soit commis aucun dommage dans les pêcheries. Invite au nom de la patrie et des lois, les patrons pêcheurs  de la ville d’Hyères d’avoir pour les magistrats du peuple, pour les personnes, pour les propriétés, tout le respect qui leur est dû et déclare à tous ceux qui s’attribueront le droit d’y faire la pêche des poissons, qu’ils seront par elle (la municipalité) dénoncés à l’accusateur public, qu’ils seront poursuivis et punis des peines portées par la loi et sera, le présent arrêté, lu aux patrons pêcheurs, afin qu’ils ne puissent en prétendre cause d’ignorance.


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