La piraterie barbaresque
La défense des côtes : La Tour Fondue

La batterie du Pradeau doit son nom de "Tour Fondue" au fait qu’elle aurait été construite sur les ruines d’une ancienne tour dans les années 1634, 1635 sur ordre de Richelieu. Au même moment les forts de l’Eminence, de l’Estissac et de Port Man sur Port Cros sont renforcés ou construits.  Sur Porquerolles ce sont les forts de l’Alycastre, du Petit et du Grand Langoustier qui sont en chantier. Brégançon et la batterie de Ribaud ne sont pas oubliés. Ce plan exceptionnel de défense des côtes est censé répondre aux multiples attaques barbaresques qui affectent la région et les îles d’Hyères. La rade d’Hyères est aussi utilisée par les anglais, les italiens, les espagnols ou les hollandais pour regrouper leurs flottes de combat avant de partir en guerre dans l’un des pays voisins. Ces regroupements causent encore plus de dégâts car ces pays n’hésitent pas à attaquer les positions fortifiées pour en prendre possession.
En 1514, des pêcheurs d'Hyères sont attaqués près de Giens par deux brigantins d'un corsaire génois.
En 1520, une galère maure, appuyée par vingt-quatre fustes, capture des navires chrétiens aux îles d'Hyères. Les pirates coupent la main droite, les oreilles et le nez des prisonniers, et font une grande croix sur la tête de deux d'entre eux et les renvoient en leur disant : "Allez à vos rois, qu'ils voient la croisade qu'ils ont fait prêcher".
En 1527, il y a quarante fustes maures et quatre galères de Barberousse installées aux îles d'Hyères sur la route reliant l’Espagne à l’Italie.
L'insécurité rend cette partie de la côte invivable au point qu’en 1608,  Henry IV approuve le projet de rebâtir la ville d’Hyères sur la presqu’île de Giens afin de renforcer la défense de la côte. Le projet ne verra pas le jour.
Les exactions se poursuivront encore de très longues années.
En 1793 par exemple les anglais font sauter le château de Port Cros, incendient  tous les forts coupent les oliviers et pillent les habitations. Porquerolles et ses forts subissent le même sort.
Ils remettront ça en 1795… en 1814 un brick français est capturé par les pirates algériens : la liste semble être sans fin.
Pendant plus de trois siècles ces mers ont été un champ d’action propice aux rapines, à la traite des femmes, au trafic des esclaves. La revente des cargaisons volées et des captifs devint vite l’un des facteurs principaux de prospérité de la Régence et la fortune des marchands d’esclaves. C’est fort habilement que Charles X transformera les griefs français contre la Régence, suite à l’attaque scélérate au canon du navire amiral "La Provence", portant pavillon parlementaire, en une opération internationale ayant reçu l’accord de toutes les puissances européennes— y compris la Suède et la Russie— pour éradiquer la piraterie de ce nid de vipères qu’était Alger.
.Le 25 mai 1830, le vaisseau amiral "La Provence" appareille de Toulon suivi par toute l’armée navale. La mer est couverte à perte de vue de voiles blanches. Les spectateurs assistent à l’évolution de la plus considérable flotte qui soit jamais sortie d’un port de France. (Roland Courtinat La Piraterie barbaresque en Méditerranée XVIe - XIXe siècle).
Plus de 600 bateaux et 30 000 hommes participent à cette expédition. La prise d’Alger le 5 juillet 1830 marque la fin des incursions barbaresques.
Porquerolles et les îles pacifiées, la Tour Fondue est devenue le point de départ des bateaux reliant les îles et principalement l'île de Porquerolles toute proche.
Le tourisme se développe et l'attrait des îles ne fait que croître au cours du XXe siècle.

La Patache assurait la liaison entre la tour Fondue et la ville d'Hyères. Un car tout aussi pittoresque lui a succédé avant qu'une ligne régulière desserve la presqu'île et la Tour Fondue plusieurs fois par jour.


Maintenant, des milliers de touristes se rendent, chaque jour, sur Porquerolles en été. De grandes vedettes rapides et confortables assurent le passage sur l'île en quelques minutes et en toute sécurité..
Le trajet entre Hyères et l'embarcadère en voiture particulière s'avère être un véritable parcours du combattant à certaines heures. Le trajet inverse le soir n'est pas plus facile. La configuration de la presqu'île ne facilite pas la circulation de milliers de voitures au même moment.
La voiture hippomobile "la Patache" devait mettre moins de temps que nos voitures automobiles roulant au pas en une file ininterrompue.

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