Les routes maritimes : L'archéologie sous-marine.
L'épave de la Slava Rossii et... bien d'autres.


Aquarelle Max Guérout

Photo C. Pétron
La flotte impériale russe est répartie en trois escadres. Celle qui est destinée à croiser en Méditerranée est sous le commandement de l’amiral Ivan Antonovitch Borisov à bord de l’Isidor, un vaisseau de 76 canons commandé par Gips. Quatre autres vaisseaux de 66 canons composent l’escadre : l’Azia, commandé par Spiridov ; l’America, commandé par Coconzov ; la Slava Rossii, commandée par Baskakov et le Tverdyi par Selmanov. Il faut encore ajouter à ceux-ci deux frégates de 32 canons : le Siméon, commandé par Golenkin et le Patricki commandé par Danisov.
Dans la soirée du 3 novembre 1780, vers 9 heures du soir, la Slava Rossii perd le contact avec le reste de la flotte.

Ivan Abrasimovitch Baskakov s’estime à une trentaine de milles de la côte et ordonne de tirer un bord vers celle-ci, en attendant de repartir vers le large. Le vaisseau navigue sous voiles basses. Soudain, vers 11 heures du soir, à la stupeur générale, une côte rocheuse frangée d’écume surgit sous le vent. Il est trop tard pour tenter un virement de bord, Baskakov ordonne de jeter l’ancre sur le champ. En catastrophe, les deux ancres de bossoir sont mouillées. Le navire évite, un instant stoppé dans sa course mortelle, mais la mer et le ressac sont d’une rare violence et les élingues malmenées ne tardent pas à se rompre. Le lourd vaisseau dérive puis s’échoue sur les roches de l’île du Levant.


Photo Dr. Delonca

Photo C. Pétron
Presque tout l’équipage peut être tiré de sa périlleuse position. Sur un effectif de 446, 11 hommes périront. A terre on s’active à prodiguer à ces naufragés exotiques tous les soins dont ils ont besoin. Les icônes retrouvées sur la Slava Rossii représentent, par ailleurs, un intérêt considérable, bien plus que les canons et autres objets.

Photo CNRS P. Foliot
" Les russes avaient pour tradition d’apporter durant leurs périples des icônes pour pouvoir prier et avoir une protection. Les Français n’emportent qu’une croix ou une statue de la Bonne Mère ".
"Cette présentation est à la fois un hommage rendu aux fouilleurs et au couple Turcat qui a publié les icônes."
La Partègue a eu l'honneur de recevoir le prix Jean Noel Turcat décerné par la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial en 2003. Nous gardons un excellent souvenir de la rencontre regroupant M. André Aversa, M. Laurens Damonte et M. Jean Noel Turcat pour des échanges aussi riches et passionnés qu'agréables et pertinents.

L'espace de la Rotonde et l'exposition de la Slava Rossii le soir de l'inauguration.

Martine Scialano, conservatrice du Musée d'Hyères a su mobiliser toutes les compétences pour que cette exposition soit une réussite.« cette exposition a été conçue en coopération avec le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines, le musée national de la Marine de Toulon et Max Guérout fondateur et vice-président du GRAN ainsi qu'avec les enfants de Francine et Jean-Noël Turcat ».

La rade d'Hyères compte pas moins de 67 épaves antiques et bien d'autres, plus récentes comme le célèbre "Donator" connu des plongeurs sous-marins.
Le Donator a été construit en 1931 par les chantiers Holz Worksted A-S à Bergen (Norvège). Il mesurait 78 m de long pour 12 m de large. En 1939 il devient la propriété de la Compagnie Algérienne de Navigation pour l’Afrique du Nord ou  Compagnie Schiaffino. Celle-ci avait coutume de baptiser ses navires avec les prénoms des membres de la famille, et le Donator devient alors le Prosper Schiaffino.
Le 10 novembre 1945, à 13h10 par une mer démontée une formidable explosion retentit. Le cargo a heurté une mine, la proue est détruite, l’eau envahit le navire. Les 29 marins ne peuvent larguer les chaloupes et se jettent à l’eau. Heureusement un avion de la R.A.F est témoin du drame. Il prévient les secours qui arriveront sur le site 4 heures plus tard sauvant 27 hommes, 2 étant portés disparus.
Le vapeur à roues "Ville de Grasse" git par 50m de fond. Il jaugeait 150 tonneaux et était équipé d’une machine à vapeur de 70 CV. Il appartenait à la Compagnie Grasse-Cannes pour laquelle il effectuait la navette entre Marseille, Cannes et Nice. Sa courte carrière, trois ans, se termine dans la nuit du 16 décembre 1851. Parti de Marseille la veille pour rallier Nice, il transportait 54 passagers et différentes marchandises telles que de la soie, de l’huile etc… A trois heures du matin dans la petite passe de Porquerolles, le "Ville de Marseille" de la Compagnie André et Abeille, le percute. Le Ville de Grasse est pratiquement coupé en deux et coule très rapidement. Le nombre des victimes est incertain : environ 15 personnes. Les rescapés furent recueillis par les vapeurs "Ville de Marseille, Nantes et Bordeaux".

La ville d'Hyères a l'ambition de créer un musée d'archéologie sous-marine. Au final, plus de 60 épaves retrouveront une seconde jeunesse au sein de ce temple dédié à l’art et à la culture.
En 2011 il est question que ce musée soit installé sur le site des ruines d'Olbia. La Partègue se félicite des choix faits dans ce domaine mais déplore le temps néccessaire à la réalisation de tels projets qui conditionnent le développement d'un tourisme durable dans la commune d'Hyères au littotral exceptionnel.
L'Association des Amis de la Presqu'île (APG) milite depuis plus de 20 ans pour la création d'un musée d'histoire naturelle et a énormément travaillé sur la géologie et la flore de la la région. La Partègue constitue régulièrement des dossiers depuis 18ans pour participer à la création d'un centre d'interprétation de la presqu'île mais, année après année, rien de concret ne se précise.
Nous oeuvrons, sans relâche, à la promotion de ces projets et espérons que l'OGS, l'Opération Grand Site, mise en oeuvre en 2011 fasse de ces projets une priorité pour le plus grand bonheur des habitants et des touristes.

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